mardi 23 mai

Aujourd’hui on a mis le réveil à 8h, histoire de maîtriser l’horaire du petit déjeuner. On a passé une bonne nuit malgré qu’on a été réveillés par deux whatsApp venant de nos deux loustics, l’un en Belgique, l’autre au Canada. Il était minuit pour nous, 17h pour Mehdi et 11h du matin pour Yasmine. Eux étaient en forme. En plus tout ça pour une sombre histoire de poulet…
Après le petit déjeuner, toujours très bon mais très pareil à celui de la veille, nous nous mettons en route. Nous allons d’abord acheter nos billets pour le bus qui doit nous emmener vendredi à Fujikawaguchiko (si vous savez prononcer Superqualifragilicstisexpidelilicieux, vous saurez prononcer Fujikawaguchiko). Mieux vaut s’y prendre à l’avance pour être certain de trouver de la place et de voyager ensemble. Sept mille ¥ plus tard, nous voici en possession de nos billets aller-retour. On peut se rendre à Ueno.
On prend la Yamanote line. Dans le train, il y a deux sièges de libre mais ils ne sont pas contigus. Nous nous y asseyons. Une dame d’un certain âge, très élégante et très distinguée qui était assise à côté de Khadija, me propose d’échanger sa place avec la mienne. C’est ça aussi le Japon : attention et politesse.
Arrivés à Ueno, nous allons vers le parc où de nombreux petits temples jalonnent le chemin. Décidément, les files sont partout. Même pour prier, les Japonais attendent leur tour.








Le Bentendo Temple, un temple bouddhiste situé dans un plan d’eau plein de nénuphars (en tout cas c’est comme ça que nous les appelons, mais je ne suis pas certain que ce soit des nénuphars) et de carpes, se situe après quelques échoppes où l’on vend de la nourriture. D’habitude si propres, nous sommes étonnés de voir l’état du tablier d’un des cuisiniers. Nous ne nous y attarderons pas, préférant le cadre plus confortable d’un établissement où l’on peut s’asseoir.


Devant le temple, un étal de ce que je peux appeler des bondieuseries. Cela existe dans tous les cultes du monde. Le temple en lui-même est coloré. Comme d’habitude il y a un grand tronc dans lequel les fidèles jettent une pièce de monnaie. L’endroit est calme et reposant.




Manger au Japon
Nous prenons le petit déjeuner avant 9h30 en général. Nous sommes en vacances, on ne veut pas se mettre la pression le matin. Toutefois, même si l’on peut trouver à manger toute la journée, les établissements où l’on peut s’asseoir sont ouverts le midi à partir de 11h, très souvent jusqu’à 14h et rouvrent à 17h jusqu’à 21h. Donc, pour se conformer à ces habitudes, nous essayons de manger vers 12h, 12h30. Ceci dit, il y a des boutiques ou des échoppes où l’on peut manger tout le temps, mais c’est en quelque sorte du « fast food », ce que nous ne désirons pas nécessairement.
Après la visite du temple, nous remontons vers le parc. On y croise de nombreux écoliers et écolières en uniforme. Ils sont ou bien près de leurs écoles ou peut-être en voyage scolaire, on suppose que c’est bientôt la fin de l’année scolaire. Dans tous les cas, ces uniformes sont élégants. Les Japonais en règle générale sont très distingués. Costumes-cravates pour les hommes, tailleurs pour les femmes.
On y croise aussi des agents de la propreté. Nous sommes frappés de voir que certains semblent avoir un âge avancé pour travailler de la sorte.

A la sortie du parc, nous assistons à un spectacle de rue haut en couleurs. Des jeunes femmes nous régalent les yeux par des jongleries et des contorsions. Nous ne savons pas si ces jeunes femmes sont japonaises ou chinoises. Mais qu’importe. C’est assurément asiatique.






Nous remontons vers la rue Ameyoko qui longe la ligne de chemin de fer (celle-ci la surplombant sur un pont). C’est la rue commerçante populaire par excellence où le marché Amaya Yokochô attire le chaland toute la journée. On serait à Casablanca ou à Marrakech, on appellerait ça le souk.

A nouveau on pourrait manger dans la rue mais sans pouvoir s’asseoir. Or, on a envie de s’économiser. Je prends le smartphone et j’essaie cette fois de trouver un restaurant pas loin avec Googlemaps. Il nous fait traverser le boulevard parallèle et nous trouvons le restaurant Kisoji qui se trouve au sous-sol.


Dans ce restaurant rien que des serveuses mais toutes habillées en robes traditionnelles. On commande chacun un menu. On reçoit plein de spécialités dans des bols et des assiettes. On peut dire que les Japonais ne reculent pas devant la vaisselle. Très agréable moment qui nous requinque pour arpenter le marché d’Amaya Yokochô.





Vers 16h15, on se sent gagnés par la fatigue, contre-coup du jetlag, soleil, promenades, tout ensemble peut-être… On décide de revenir à Shinjuku.
Après un repos de fin d’après-midi, nous descendons en bas de l’hôtel. Nous avons repéré un resto qui fait des grillades de bœuf. Nous consultons la carte dehors et nous passons la porte. Une charmante serveuse (il faut dire qu’elles sont toutes charmantes) nous installe à table et nous apporte des serviettes chaudes ainsi que la carte. Les serviettes chaudes, on connaît ça dans les restos chinois en Belgique. Mais à la place les mettre sur la figure, au Japon cela sert à rafraîchir les mains(en principe c’est pour se laver les mains. mais on a compris ça qu’après). On ne retrouve pas les grillades sur la carte. On signale à la serveuse que la carte ne correspond pas à ce qu’on a vu dehors. Elle nous répond qu’il ne s’agit pas de son restaurant mais du restaurant qui se trouve au sous-sol. Décidément, on n’a pas encore tout à fait intégré la verticalité japonaise. Tokyo exploite ses moindres espaces. Nous sommes confus mais la jeune femme nous invite avec un grand sourire et les bras placés en direction de la sortie (un geste très japonais pour indiquer l’autre restaurant. C’est tout de même étonnant. Non. C’est le Japon.
Nous descendons les escaliers et somme installés par le serveur. Il ne nous laisse pas le choix alors qu’il y a plein de places libres. S’agit-il d’une habitude nipponne ? En Belgique aussi on ne choisit pas toujours sa place. Mais quand il n’y a pas de monde, le choix revient au client. On n’a peut-être pas osé, et la barrière de la langue nous a donné l’impression qu’on nous imposait notre place. Ceci dit, on était bien à notre table.
Le repas est très bon, comme d’habitude. Nous recevons une fois de plus plein de bols et nous cuisons la viande nous-même au barbecue installé dans le centre de la table.

Une fois terminé, on nous apporte une excellente glace au citron qui fait partie du menu ainsi qu’un bol de thé noir et l’addition. Au Japon, pas besoin de demander l’addition, on la reçoit toute de suite. Encore une fois, ils sont organisés du début à la fin.
Comme promenade de santé, nous décidons d’aller faire un tour à Golden Gai, une rue connue pour ses « minibars » mais où les non habitués ne sont pas toujours les bienvenus. Notre chemin traverse le quartier de la gare de Shinjuku. Hélas, le Japon n’échappe pas non plus à la pauvreté. On croise plusieurs SDF. La société nipponne ne fait pas non plus de place à ceux qui n’en ont plus.
Il y a du monde dans les rues. Les passages pour piétons sont toujours bondés. Un groupe de cadres, ayant sans doute arrosé plus que de raison la sortie des bureaux, font un tintamarre de tous les diables dans la rue. Un des collègues ne tient plus trop sa verticalité… Quand les Japonais se lâchent !
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Nous revenons de notre promenade. Nous nous couchons à 22h30. Demain est un autre jour.
3 réponses à “Jour 4 : UENO”
J’adore te lire tonton. On voyage avec vous. C’est magique. Les lycéens japonais commencent l’année scolaire en avril et la terminent fin février/début mars. Et le restaurant avec le barbecue dans la table est un restaurant coréen plus que japonais. Mais lire votre voyage me donne encore plus envie d’y aller. Merci de nous faire partager votre expérience.
Moi j’aurais aimé vous voir avec vos serviettes chaudes sur le visage alors que tout le monde se frottait les mains…. 😉
Mais… Ça ne se fait pas ! Ça pousse en tout cas à regarder autour de soi quand on est dans un pays qu’on ne connaît pas.