Jour 5 : ASAKUSA (SENZO-JI) ET ODAIBA


mercredi 24 mai

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Levés à 8h, descendus à 8h45 pour le petit déjeuner. Au moins on aura fini avant qu’on vienne nous dire « fini à 10h ». Raté, ils sont venus à 9h35. On remonte dans la chambre pour les derniers préparatifs de la journée et surtout pour préparer l’échange du voucher en JR Pass. On l’active aujourd’hui.

Le JR Pass

Un autre dispositif intéressant pour les étrangers est le JR Pass. Il permet de voyager forfaitairement sur toutes les lignes JR du Japon (excepté quelques lignes) pour une durée déterminée.
Nous avons pris le pass pour 14 jours. Je n’ai pas fait le calcul mais si on concentre les grands déplacements sur une semaine, financièrement c’est imbattable. Sur 14 jours, si on ne bouge pas régulièrement sur des longues distances, je ne sais pas si c’est intéressant. Toujours est-il que c’est pratique et confortable et ça vaut la peine rien que pour cet aspect. On doit activer notre pass mercredi pour que le dernier jour de validité soit le 6 juin, date à laquelle on prendra le JR vers Narita.

JRPass

Je veux en profiter pour réserver nos places sur le Shinkansen pour aller à Shimoda, dans la péninsule d’Izu. Je vais sur Hyperdia où je recherche Shimoda. Etonné que ce soit à 600 km, je vérifie et revérifie pour m’apercevoir que c’est Izukyu Shimoda (et sans tiret) que je dois introduire dans le moteur de recherche.

Obtenir un horaire de train ou de métro : Hypermedia

Il existe un site en ligne et/ou une appli qui s’appelle Hypermedia. Cette appli est développée par Hitachi. Elle permet de lister toutes les possibilités pour se rendre en train ou en métro à une destination. Grâce à la puce GPS, elle donne même la station la plus proche. En outre, elle donne cinq trajets, les correspondances, les stations et les prix. Un indispensable quand on voyage au Japon sans tour operator. Toutefois, lorsqu’on introduit manuellement une destination, si elle n’est pas correctement orthographiée, un message d’erreur apparaît, mais pas toujours. C’est exactement ce que j’ai eu avec Shimoda qui existe, mais à 600 km, ce qui n’était pas la localité que je cherchais. Il faut donc toujours avoir à l’œil les différents paramètres et ne pas être réticent à la recherche sur internet si le résultat ne semble pas pertinent.

Il est 11h déjà lorsqu’on descend pour enfin commencer la journée. Quelques minutes plus tard, nous sommes en possession de notre JR Pass. Il est valide jusqu’au 6 juin.

Nous allons à Asakusa aujourd’hui, dans le quartier nord-est de Tokyo pour visiter le temple Senzo-Ji, un des temples les plus célèbres de Tokyo. On prend la JR Yamanote Line avec notre pass. Mais pour aller à Asakusa, il faut prendre aussi le métro de la Ginza line qui n’est pas compris dans notre pass puisqu’il s’agit d’une compagnie différente. J’utilise donc le crédit que j’ai sur ma Pasmo Card. Khadija a oublié la sienne et paie 5¥ de plus son parcours que moi.

La Pasmo Card ou Suita Card

Au Japon, en dehors des Shinkansen, les transports en commun sont payés à la fin du trajet. Lorsqu’on passe les bornes de la station de départ, il faut acheter un ticket pour la destination dans une des nombreuses machines prévues à cet effet. Ce ticket est à passer dans la borne de sortie à la destination finale. Jusque là, c’est comme en Belgique. Mais si le montant n’est pas suffisant, il y a moyen de faire l’appoint à la destination finale. Une possibilité plus conviviale existe sous forme de cartes qui ressemblent à la carte Mobib de la Stib. Il suffit de la charger et de la passer sur les bornes électroniques de la station finale, et la carte est débitée du montant du trajet. Dans ce cas-ci aussi si le montant sur la carte est insuffisant, d’autres bornes marquées « Adjust your fare » existent pour recharger la carte. Rapidité et économie sont les atouts de ces cartes. Elles peuvent être aussi utilisées dans bon nombre de magasins surtout que le cash règne en maître au Japon. La carte Pasmo peut être commandée en ligne sur certains sites en même temps que le JR Pass. A la fin du séjour, on peut (notamment dans la gare de Shinjuku) remettre la carte et récupérer son solde ainsi que la caution qui s’élève à 500 ¥, tout cela en cash.

Pasmo

Arrivés à Asakusa, on sort de la gare et on aperçoit la grande tour des télécoms ainsi que plusieurs pousse-pousse tirés par de jeunes hommes aux cuisses musclées.

 

Nous nous dirigeons ensuite vers le temple shintoïste Senzo-ji. Toujours grâce à Sygic. Mais quelque fois on se trompe de direction car la flèche du GPS n’est pas bien calée. Du coup on fait un petit détour, (et même parfois, on doit rebrousser chemin) ; mais Sygic m’indique qu’il faut tourner à droite. On débouche dans une allée pleine de monde et pleine d’échoppes.

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Nous sentons que nous approchons du but !
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C’est par ici que ça se passe !

Au bout de l’allée une grande porte avec une grosse lanterne. C’est comme dans Tintin et le Lotus Bleu !

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On pénètre dans l’enceinte du temple où plein de jeunes écoliers sont venus en « pèlerinage ». De nombreuses femmes sont habillées à la traditionnelles, quelques hommes aussi.

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Des fidèles se recueillent au milieu d’un brouhaha de fancy-fair. Si l’on devait comparer les temples à une scène de théâtre, la scène serait l’endroit sacré qu’on ne peut pas photographier. Mais la plupart des adeptes prient devant la scène, jettent une offrande dans le grand tronc et tapent deux fois dans les mains. Les touristes et les curieux les observent. Finalement, c’est peut-être ça la zénitude.

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La photo est prise de loin, avec tout le respect pour les fidèles

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=e_MICnK0DIQ&w=4272&h=2848]

La musique des offrandes

Aux abords du temple, là où il faut un peu plus calme, il y a des petits plans d’eau dans lesquels nagent des carpes koï. Encore un symbole du Japon. Bien qu’il semble que ces poissons ne soient pas originaires de l’archipel, il n’en demeure pas moins que ce poisson est le symbole de l’amour et de la virilité.

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Autre symbole japonais que l’on retrouve sur le temple : la croix gammée ou encore appelée svastika. Celle-ci n’a évidemment rien à voir celle des nazis. D’abord la svastika est bien antérieure. Ensuite ses pattes sont verticales et horizontales et vont dans l’autre sens par rapport à la croix gammée nazie. C’est un symbole très ancien et universel (il serait apparu au néolithique) et est présent dans tous les continents. C’est un symbole fort du bouddhisme.

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Pendant notre voyage, nous nous répartissons les tâches. Khadija tient les guides et gère ce qu’on doit voir. Moi je fais les photos et m’occupe de gérer le GPS sur les instructions de Khadija. Mais il y a quelque chose qui la dérange. Ce qu’elle voit ne correspond pas avec ce qu’elle lit dans le Lonely Planet. Il y a trois portes au temple et nous n’en avons passé que deux. Et là je me rends compte que comme nous nous étions initialement trompés de chemin. Le GPS nous a fait tourner à droite dans la rue du temple. La première porte se trouvait à notre gauche et nous ne l’avions même pas aperçue. Tout rentre dans l’ordre, cela correspond bien au Lonely Planet et les sandales géantes sont bien accrochées sur la deuxième porte.

Mais la nourriture spirituelle ne sous sustente pas. Nous voici à la recherche d’un restaurant que nous trouvons bien vite. Cette fois, les serveuses sont des dames d’un certain âge. Nous avons remarqué qu’il y a beaucoup de gens âgés qui travaillent au Japon et souvent dans des petits jobs.

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On commande des fritures appelées « Tempura ». Avec ce goût de sésame, je trouve ça délicieux et léger pour des fritures. Khadija a peur que ce soit un peu lourd, mais finalement, tout passe bien. Quant aux gambas, je n’en ai jamais mangé d’aussi grandes. Après un dernier bol de thé vert, nous voici repartis vers les marchands du temple.

Tempura

La tempura est un assortiment de beignets, à la fois très savoureux et très digeste (une des rares fritures à basses calories), populaire au Japon depuis le XVIIe siècle. Ces beignets consistent en une pâte à frire fluide classique, à base de farine de riz, de jaune d’œuf et d’eau glacée, dans laquelle on trempe toutes sortes de produits. Des tranches de poisson à chair blanche comme des filets de cabillaud ou petits poissons frais destinés à la friture, des fruits de mer et toujours des légumes coupés en tranche (carottes, rondelles d’oignon, aubergines, poivron, persil, etc. Le secret d’une bonne tempura est la finesse de la pâte à frire qui doit être un peu plus fluide qu’une pâte à crêpes, et surtout maintenue froide sur un lit de glace. Le bain de friture doit, au contraire, être à 180°C. L’huile utilisée traditionnellement au Japon est l’huile de sésame, très parfumée.

Nous arpentons les échoppes où l’on vend bricoles et souvenirs, biscuits et douceurs en tout genre. Une échoppe attire notre attention : des baguettes, de belles baguettes de table. Nous aimons. Et puis maintenant que Khadija sait manger avec des baguettes…

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Tout au bout de la rue marchande, à l’opposé du temple près de la première porte que nous avions initialement manquée, se trouve le centre d’information touristique d’Asakusa. J’avais lu sur internet qu’il y a moyen d’avoir une vue plongeante sur le temple et ses environs. Nous y sommes montés après avoir demandé à une (à nouveau) charmante hôtesse où se trouvait la navette fluviale pour aller d’Asakusa à Odaiba. Asakusa est en effet sur la rivière Sumida. Nous demandons aussi quelle ligne de métro ou JR nous devrons reprendre pour aller d’Odaiba à Shinjuku. Elle nous informe qu’il faudra prendre le monorail jusqu’à la gare de Simbashi pour y prendre la JR Yamanote.

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Au 8e étage du centre d’information touristique, une superbe vue sur les marchands du temple et sur le temple ainsi que sur la Tokyo SkyTree. Ce point de vue n’est ni renseigné par le Lonely Planet ni par le Routard.

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Vue sur le temple et les boutiques depuis le point de vue du Centre d’Information Touristique.
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La première porte

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La Tokyo SkyFree

La Tokyo Skytree est une tour de haute de 634 mètres, elle devient, le jour de son inauguration en 2012, la deuxième plus haute structure autoportante du monde. On peut la visiter mais il faut s’armer de patience, de nombreux touristes s’y pressent chaque jour.

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Nous devons faire des choix de visite. Comme il faut faire la file pour visiter la Tokyo SkyFree, nous renonçons en faveur d’Odaiba, la ville du XXIe siècle. Comme on a un peu de temps avant de d’embarquer dans la navette fluviale, on déguste un thé vert (chaud pour Khadija, glacé pour moi).

Nous voilà embarqués pour la croisière sur la rivière Sumida vers l’île d’Odaiba située dans la baie de Tokyo. La plus grande partie du chemin, environ 30 minutes, se fait à travers des quartiers de Tokyo qui, s’ils ne sont pas typiques, montrent leur étendue. Arrivés à une dérivation de la rivière, on aperçoit les gratte-ciels d’Odaiba. Odaiba est un quartier « futuriste » construit sur une île artificielle qu’on surnomme aussi l’île du divertissement ou la vielle électrique. C’est sur cette île qu’il y a le centre de Sega et le musée Toyota.

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On aperçoit aussi un immense pont suspendu à double étage enjambant la rivière et qui fait 798 m de long. C’est le Rainbow bridge. Y passent dessus à peu près tous les véhicules qui peuvent rouler y compris le métro, le monorail sans conducteur.

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Le bateau accoste. C’est vrai, on dirait d’ailleurs que ce bateau est sorti tout droit d’un manga. Dans le bateau, des touristes, manifestement pas japonais étaient très bruyants. Comme le bateau était fermé, ça n’arrangeait pas nos affaires.

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On fait quelques pas pour aller admirer la plage artificielle mais où il est défendu de se baigner.

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Je suis occupé avec mon smartphone pour trouver le chemin de la station du monorail d’Odaiba. Là je rate une marche d’un escalier et je m’étale dans un grand fracas. Pas de casse pour le smartphone ni pour le Canon. Un passant se retourne, hésite à m’aider et puis suit son chemin quand il voit Khadija venir à mon secours. J’en suis quitte pour désinfecter mon genou gauche, encore lui !

Nous nous dirigeons vers la station et j’en profite pour prendre quelques photos de l’île futuriste. A la station. On bat encore un peu le beurre pour acheter un billet pour Khadija, sa carte Pasmo étant toujours à l’hôtel. On n’a pas encore capté la différence entre l’achat d’un billet qui consiste à payer une somme correspondant à un trajet et l’appoint qu’on doit effectuer entretemps on a changé d’avis et qu’on fait un trajet plus long. Avec la Pasmo card, on ne paie qu’à la fin le bon montant et pas besoin d’acheter de ticket. Je présente Google Translate au préposé en montrant ce que nous voulons. Quelques minutes plus tard nous sommes sur le quai.

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On voit bien la ligne centrale du monorail

J’indique à Khadija qu’il serait intéressant d’aller au bout du quai pour être devant dans la rame, puisqu’il n’y a pas de conducteur. La rame arrive. Mais dans le mauvais sens ; on se retrouve au bout du train et avec le monde on doit se contenter des vitres latérales. Coup dans l’eau. Dommage car on a traversé la rivière sur le Rainbow Bridge. Quel bel ouvrage. Il n’y a pas à dire, le peuple japonais a du génie. On aperçoit un Shinkansen, le TGV japonais, qu’on devra bientôt prendre du reste.

On arrive à la station Shimbashi où l’on doit changer de train pour prendre le JR qui nous ramène à Shinjuku. Le train est presque vide. Mais pas pour longtemps. Les places assises, qui sont positionnées en vis-à-vis sont toutes occupées en moins de temps qu’il faut pour le dire. En face de nous (Khadija et moi sommes aussi assis) tous les occupants sont sur leur smartphone. Les stations passent, la rame se remplit. On arrive à Shibuya, de nombreux passagers sortent de la rame, aussitôt remplacés par d’autres. La même scène se reproduit trois stations plus loin, à Shinjuku, mais là nous jouons aussi dans la pièce !

Dans la gare, c’est la fourmilière. Pressé un navetteur perd son badge sans s’en rendre compte. Aussitôt une jeune femme le ramasse et me regarde en pensant que je peux l’avoir perdu. Avec mes yeux bleus et mon bermuda, je ne suis pas crédible, ça ne peut pas être moi. Elle se rend immédiatement chez le préposé de la JR, exactement là où on doit passer pour montrer nos JR Pass.

Nous rentrons à l’hôtel après avoir acheté du savon pour lessive, de l’eau pour Khadija et une petite bouteille de saké pour moi.

Ce soir, nous avons mangé en face de l’hôtel. Derrière nous, une table de quatre messieurs qui avaient laissé au vestiaire leur discrétion légendaire et qui faisait un chahut pas possible quand ils riaient. Quand les Japonais se lâchent (enfin on croit que c’était des Japonais…) !

Quant à la la cuisine, c’était bon, comme d’habitude, mais c’était du poulet pané. Pauvre Khadija.

Nous nous couchons, il est 22h45.


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