Jour 3 : TOKYO METROPOLITAN TOWER, MEIJI JING ET SHIBUYA


lundi 22 mai

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8h30, le réveil sonne. On doit se mettre dans le rythme de GMT+9. Cela fait un décalage de 7 heures avec la Belgique. On tire les tentures de la chambre : soleil. On annonce 28 à 29 degrés. Chaud pour Khadija, très chaud pour moi.

La chambre est petite, heureusement qu’on a que deux valises. La salle de bains est petite aussi. La mégalopole de Tokyo manque de place et tout espace est exploité. Je prends ma douche. Comme d’habitude le miroir est plein de buée, sauf sur une partie de 20 cm sur 40 cm, de quoi se maquiller ou se raser correctement. Je suis séduit par ce souci du détail. Comment n’y avons-nous pas encore pensé en Europe ?

Nous prenons le petit déjeuner à 9h30. Il est temps car après 9h40, un serveur vient table par table pour annoncer que le service se termine à 10h et qu’il est temps de clôturer. Si les Japonais sont très bien organisés pour le service, ils le sont aussi pour la fin du service. L’heure, c’est l’heure.

Le buffet est bien garni et nous avons le choix entre des plats japonais et les standards occidentaux. C’est efficace et bon.

Après le repas, on peaufine le programme de la journée. Ce ne sont pas les activités qui manquent mais dans une ville comme Tokyo, si on n’est pas organisé on peut facilement dépenser des heures et des yens dans les transports.

Les transports ferroviaires

Au Japon, les métros et les trains appartiennent à différentes compagnies. En ce qui concerne les trains, on peut considérer JR Railway (Japan Railways) comme la compagnie nationale (c’est elle qui exploite aussi les Shinkansen – les trains à grande vitesse) ; les autres compagnies privées exploitent des lignes locales.

Dans les villes, le réseau JR dessert aussi des gares qui s’apparentent plutôt à des stations de métro, alors que de vraies lignes de métro appartenant à des compagnies privées se partagent les lignes urbaines. Des connexions existent dans certaines stations mais souvent, les stations de métros sont juxtaposées et il faut changer de station pour les correspondances. Cela a l’air compliqué, mais dans la réalité pas tant que ça car les indications sont très précises, toujours en japonais et en anglais et si un problème se pose, il y a toujours un préposé qui vous sauve.

Notre première étape est la Tokyo Metropolitan Tower. En principe, on peut y admirer un panorama sur la métropole de Tokyo depuis la tour sud et depuis la tour nord. Seule la tour sud est ouverte  le lundi, apparemment la plus intéressante, et nous devons attendre une demi-heure avant de pouvoir accéder au 45e étage. On distingue une ville à perte de vue enveloppée dans une légère brume. Au loin, on peut aussi apercevoir la chaîne du Mont-Fuji mais le Seigneur est enveloppé de brume et ne nous dévoile pas son col blanc. Nous espérons bien le voir samedi lorsque nous serons à Fuiikawaguchiko. Ayant aperçu de la neige sur les montagnes depuis l’avion, j’espère qu’il y en aura encore aussi significativement sur le point culminant du Japon.

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IMG_9103Nous redescendons de la tour. Nous sommes dans la mairie. Il y a partout des rappels que Tokyo organise les jeux olympiques de 2020. Le Japon tout entier s’y prépare. Nul doute que tout sera bien organisé.

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Nous voici en route pour le sanctuaire Meiji-Jing. Je règle mon smartphone sur l’objectif et j’obtiens le chemin le plus direct pour aller de la Tower au mausolée. Il ne faut pas négliger cet aspect-là des choses, Tokyo est grande et nous évoluons à pied. Une erreur et on peut perdre une heure, sans compter la fatigue.

GPS sur smartphone

Pour nous déplacer, j’ai fait l’acquisition des cartes Sygic et Sygic Travel pour quelques euros. Ces programmes sont basés sur les cartes Tomtom et on peut télécharger chaque pays du monde directement sur le smartphone pour pouvoir les utiliser en mode hors ligne. Sygic Travel donne aussi des informations sur les monuments à visiter. C’est plus léger à transporter que le Routard et le Lonely Planet, mais on les avait aussi emmenés. J’avais testé le système à Copenhague et j’en étais content. Par contre, le système a ses limites et lorsque l’on dispose d’une connexion internet, je pense que Googlemaps est plus puissant car on peut aussi chercher le nom d’un hôtel, d’un restaurant ou d’un commerce.

Le GPS nous indique le chemin le plus direct. Nous passons dans des rues parallèles au boulevard. Ce n’est pas un chemin spécialement touristique. Par contre, il est très didactique sur certaines pratiques nipponnes exportées jusque dans nos rues. Regardez le véhicule sur la photo ci-dessous : maintenant je sais comme il faut l’utiliser !  A noter aussi le distributeur de boissons. Il y en a partout au Japon, dans toutes les rues, comme jadis les cabines téléphoniques rouges en Angleterre ou les boutiques Meditel au Maroc.

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Le soleil tape et nous avons soif. Comme il est l’heure de manger, il est 13h, nous trouvons un petit restaurant (ce n’est pas difficile à Tokyo, il y en a partout), un boui-boui comme le surnomme Khadija, où l’on désigne ce qu’on veut manger sur des représentations en relief, très pratique quant on ne connaît ni l’alphabet hiragana ni l’alphabet katakana.

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Aussitôt rentrés, le propriétaire nous amène deux verres d’eau avec plein de glaçons à table. Ah, quel bonheur. Dans le restaurant, rien que des clients japonais. Nous ne sommes pas dans une rue touristique. Nous commandons deux ramens. Excellents C’est notre premier contact avec la cuisine japonaise au Japon. Je ne peux pas m’empêcher de faire des taches sur mon polo. Je me débrouille bien avec les baguettes, mais questions position du bol, je n’ai pas encore toute la technique. Une petite cuiller mais pas de fourchettes (encore moins de couteau). Khadija, elle, est en plein stage !

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Je redemande un verre d’eau. Et le serveur de m’indiquer une fontaine où je peux me servir d’eau à volonté. Comme en France, l’eau est gratuite, il suffit de la demander. Au Japon, elle est gratuite, fraîche et à volonté. Il n’est pas rare que des serveurs viennent vous remplir le verre en cours de repas d’eau et de glaçons. Pour le coût, on a payé 1650 ¥ à nous deux, soit à peu près 15 €.

On reprend la route vers le mausolée. Le chemin qu’on a pris nous emmène vers une entrée moins fréquentée. Sur place, beaucoup de gens mais sans cohue. Vu la période, on n’est pas en pleine saison.

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Une vue assez rare à Tokyo. Personne sauf nous.

Avant d’entrer dans le temple, les fidèles se lavent la main gauche, puis la main droite avant de laver la bouche et de recracher l’eau. Ensuite ils passent la porte du temple (il y en a une à chaque entrée) en enjambant le seuil. Nous avons lu dans un de nos guides qu’il ne faut pas fouler le seuil avec ses chaussures. Il y a d’autres Occidentaux venus visiter le temple qui ne sont manifestement pas au courant.

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Il faut enjamber le seuil lorsqu’on passe la porte du Temple.

Dans le parc que nous avons traversé pour arriver au temple il y a des milliers d’arbres (on le surnomme le parc aux cent mille arbres). Dans la cour du temple, trônent deux grands camphriers, plantés en 1920, connus sous le nom de « Meoto Kusu », ce qui veut dire « mari et femme ». Ces arbres sont sacrés et sont devenus le symbole d’un mariage heureux et d’une vie familiale harmonieuse. Cela vaut bien un selfie !

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On assiste à une cérémonie. J’entends une japonaise expliquer en anglais à un ami que les sociétés organisent des cérémonies avec ses cadres pour appeler la prospérité sur les affaires. On aperçoit uniquement des hommes en costumes cravates. Au Japon, le travail est une valeur importante. Il n’est pas rare de voir des Japonais travailler jusqu’à un âge avancé. Bien que ce soit un pays très industrialisé, l’égalité homme femme n’existe pas. Les femmes gagnent beaucoup moins que les hommes et n’accèdent que très rarement à des postes à haute responsabilité. Qu’il n’y avait que des hommes durant la cérémonie n’est donc pas étonnant au Pays du Soleil Levant.

Dans la cour du sanctuaire, un autre événement se prépare. Un mariage ? Deux femmes en robe kimono parlent avec un homme mis sur son 31 qui est venu leur remettre quelque chose. Ils n’en finissent pas de se saluer en s’inclinant.

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On repart dans le sens opposé d’où on est venus. Des objets familiers attirent notre attention en cet endroit. Ce sont des tonneaux de vin de Bourgogne. Ils sont opposés à des tonneaux de saké. Cela représente sous l’ère Meiji la rencontre entre, d’une part les traditions et l’âge d’or japonais et, d’autre part, la connaissance et la connaissance occidentale.

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Des tonneaux de Gevrey-Chambertin, de Clos Vougeot, de Nuits-Saint-Georges, de Beaune, de Vosne-Romanée, entre autres.
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Une des sorties (ou entrées) du temple Meiji devant laquelle nous avons pris une collation.

Direction Shibuya, un autre district de la mégalopole. On prendrait bien le métro mais on se rend compte qu’il faut faire deux changements alors que la « Shibuya Crossing », le carrefour le plus célèbre du monde, n’est situé qu’à 2,5 km. On décide d’y aller à pied. Après avoir pris un thé glacé dans un établissement aux abords du sanctuaire, on traverse une rue et on se retrouve dans la foule tokyoïte. Au carrefour suivant, pas de lignes blanches mais un pont piétonnier qui enjambe la route. Dessus, des centaines de personnes qui vont dans les deux sens.

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Lorsqu’on arrive au Shibuya Crossing, qui sert de décor à une scène du film de Sofia Copolla, Lost in translation, on comprend mieux la réputation que ce lieu a acquis dans le monde. Plusieurs rues très commerçantes convergent vers ce carrefour aux abords duquel se trouve la gare de Shibuya, une gare moins importante que celle de Shinjuku mais néanmoins très fréquentée. Le carrefour est grand mais pas immense ; avec la densité de navetteurs et de piétons qui s’y pressent, cela décuple l’impression d’une très haute fréquentation.

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Shibuya Crossing vu du Sartbucks Coffee.

Organisation des carrefours très fréquentés

Les grands carrefours du Japon très fréquentés à la fois par les piétons et les voitures sont gérés de la façon suivante : les feux laissant passer les voitures sont alternés comme des carrefours classiques et pendant que les voitures passent, les feux pour les piétons sont tous au rouge ; lorsque c’est au tour des piétons, tous les feux sont au rouge pour les voitures et tous les feux passent au vert pour les piétons, ce qui donne cet effet d’invasion dans tous les sens du carrefour.

Après avoir traversé le carrefour nous-mêmes en ne se quittant pas de vue, nous montons au premier étage du Starbucks Coffee d’où l’on peut prendre un peu plus de hauteur sur l’événement. C’est vraiment impressionnant. Il y a évidemment beaucoup de monde et nous renonçons à consommer. On n’est pas encore habitués à la verticalité des commerces. En fait le Starbucks Coffee est dans le même immeuble que la « Fnac » locale et c’est par le magasin qu’on pénètre dans le Starbucks Coffee. On a dû un peu chercher, ce n’est absolument pas naturel pour des Européens.

Nous en profitons pour faire des achats. Ne connaissant pas la culture manga, nous demandons à un employé de nous proposer quelque chose. Non seulement il ferme sa caisse, mais quand son anglais se révèle trop pauvre pour nous répondre, il s’absente 5 minutes et revient avec un papier sur lequel un collègue a écrit en anglais la définition des mangas. Le mot « service » a dû être inventé par un Japonais !

On poursuit par la visite de la statue du chien Hachiko. Je mets mon GPS en route, mais là il montre ses limites, en tout cas le programme Sygic. On tourne en rond. On demande à un agent de police qui nous indique qu’il est devant nous. On y était, mais on ne le voyait pas à cause de la foule. Nous nous dirigeons et nous prenons une photo de nous en selfie nous échangeant un bisou. Après tout, 25 ans de mariage valent bien ça devant le symbole de la fidélité !

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La légende d’Hachiko

Hachiko est le nom d’un chien de race Akita, propriété d’un professeur d’université à Tokyo, dans les années 1920. Né en 1923, il accompagnait son maître Hidesaburo Ueno tous les jours à la gare de Shibuya et allait l’attendre le soir à sa descente du train. En mai 1925, le professeur mourut d’une apoplexie sur son lieu de travail. Hachiko l’attendit fidèlement tous les soirs à la gare de Shibuya pendant les dix ans qui suivirent, jusqu’à son propre décès. On attribua alors au chien le titre de chûken (chien fidèle) et une statue fut inaugurée en son hommage à la gare de JR Shibuya en 1934. C’est aujourd’hui un lieu de rendez-vous où les amoureux viennent se prêter serment de fidélité

Retour à Shinjuku par la ligne JR Yamanote. On utilise pour la première fois notre Pasmo Card puisque nous avons tout fait à pied depuis le matin. C’est l’heure de pointe. Le train est bondé. Arrivés à la gare de Shinjuku, nous prenons la sortie Est. Cette fois, on a loupé notre coup, on se retrouve à 1 km de l’hôtel à la place d’en être à 200 m. On savait pourtant que gare est grande. On a pourtant fait attention, mais on n’a pas réussi. Il faut plusieurs jours pour apprivoiser la gare de Shinjuku.

La Yamanote Line

La ligne Yamanote (littéralement la « ligne du côté de la montagne ») est une ligne ferroviaire de la compagnie JR East. C’est l’une des lignes les plus chargées de Tokyo car elle dessert les principaux centres de la ville (Tokyo est une ville polycentrique) : Shinjuku, Shibuya, Marunouchi et la gare de Tokyo, Ueno, Akihabara et Ikebukuro. La ligne Yamanote a la particularité d’être circulaire et son tracé délimite officieusement le « centre » de Tokyo. On en fait le tour en 1 heure. Son point de départ est la gare d’Osaki. A Osaki, on voit les conducteurs et les convoyeurs du train descendre de la rame et faire place à d’autres. Le train repart sans que les passagers ne doivent en descendre, mais officiellement c’est un nouveau train. Si on utilise le logiciel Hypermedia permettant de consulter l’horaire des trains et si l’on doit passer par Osaki, le logiciel mentionne d’office la gare d’Osaki. Cela nous a un peu étonnés, on croyait qu’il fallait changer de ligne… pour la même ; non, on peut rester dans le même train, pas de souci. Un autre avantage de la Yamanote Line est qu’elle est accessible avec le JR Pass.

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Ce soir, nous allons manger dans le quartier des restaurants de Shinjuku. Khadija avait repéré deux adresses dans le Lonely Planet. A la première nous n’avons jamais trouvé l’établissement mentionné. Était-il fermé, avait-il déménagé ou se trouvait-il à un étage qu’on avait pas repéré ?  Devant la deuxième adresse, la file était longue. On est finalement rentrés dans un restaurant à suhis où l’on mange au comptoir, les uns à côté des autres. Pourtant, on a failli repartir, car à peine installés on voit un client à côté de nous qui fume. On a fait la remarque au serveur et il nous a déplacés. On ne savait pas que c’était permis.

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La carte du bar à sushi.

Fumer au Japon

Beaucoup de Japonais fument. Il y a des distributeurs automatiques de cigarettes et le prix est comparativement moins cher qu’en Belgique. Il est interdit de fumer dans les lieux publics. Dans les avions il est interdit de fumer bien sûr. Dans les trains aussi, sauf dans les endroits réservés à cet effet, ce qui est le cas dans les Shinkansen. On ne fume pas en rue. Et si beaucoup de chambres dans les hôtels sont non-fumeurs, certaines leur sont réservées. Comme en Europe, il y a des fumoirs. Par contre, dans certains restaurants il est permis de fumer, tout dépend de la politique de la direction. Les restaurants ne sont pas considérés comme des lieux publics. Mais ça pourrait changer car il semble qu’il y ait une volonté parlementaire pour l’interdiction aussi dans les restaurants.

On a vraiment bien mangé. Les sushis, makis et autres sashimis étaient faits à la demande. Après avoir mangé, nous avons conversé en anglais avec notre voisin de comptoir. La conversation a tourné autour de bière, de saké, de whisky du Japon et de Belgique.

On est rentrés à l’hôtel à 23h15.


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