vendredi 2 juin

Ce matin, le ciel est bleu. Comme s’il n’avait jamais plu. L’orage est loin. Khadija est descendue acheter quelques croissants au Family Mart d’en bas. On déjeune à l’appart, on a trouvé nos marques.
Après le petit déjeuner, en route pour Inari, son temple shintoïste et ses célèbres torii oranges. Inara se trouve sur la ligne JR qui va à Nara où l’on a l’intention de se rendre après.
Pour aller à Inari, on doit prendre le train local omnibus. Mais ensuite, on peut aussi reprendre l’omnibus pour Ujo et attendre le train rapide pour Nara, ce qui va encore plus vite que l’omnibus.
Que de monde à Inara. Il s’agit d’un des hauts lieux touristiques. Qu’est-ce que ça doit être en haute saison !



A côté des gens qui prient dans une ambiance de fête, je dirais même de fancy fair, je prends des photos pendant que nous déambulons. Les torii se succèdent les uns derrière les autres en se séparant en plusieurs voies menant à différentes étapes. Il y a aussi des statues de renard.




La longueur du chemin que forment ces torii est de 4 km, pour arriver au sommet d’une colline où il y a un temple et un magnifique panorama.

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Nous montons à travers les torii. On pourrait comparer cela à un chemin de croix, mais il n’y a que moi que ça engage, dans ce cas je ne parle évidemment pas au nom de Khadija.





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Nous décidons de ne pas faire les 4 km. Surtout si nous voulons encore voir quelque chose du Japon. Nous redescendons vers la gare JR pour y prendre le train local jusqu’à Ijo. Nous attendons assis, tranquillement, sur le quai, trop tranquillement peut-être.

Le train arrive et nous montons. Quoi de plus normal ? A peine partis, je me rends compte que j’ai oublié mon sac à dos sur le quai. Pas le choix, il faut descendre à la prochaine station et reprendre le train dans l’autre sens. Mes papiers, le smartphone ainsi que le JR Pass, je les ai car ils sont dans ma banane, mais l’appareil photo ainsi que le carnet où j’écris toutes mes notes (pour une fois que je l’emmène) se trouvent dans le sac.
Khadija me suggère de prévenir le préposé pour qu’il contacte ses collègues d’Inara. Il s’exécute très rapidement et, évidemment, efficacement ; une fois encore l’anglais et le traducteur de Google nous aident.
Il ne faut pas très longtemps pour chopper un train dans l’autre sens. Arrivés à Inara, je vais vers la préposée en lui disant que j’ai perdu mon sac. Tout de suite, je vois qu’elle est au courant, ça me rassure. Elle me demande quand même de quelle couleur il est. Rouge. Ouf, mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, on est au Japon.
Tant qu’à faire, on décide finalement de retourner à Kyoto, deux stations locales plus loin pour y prendre le train rapide pour Nara. On « profite » de ces 20 minutes pour s’acheter un… Mac Do, seul repas qu’on sait qu’on va pouvoir manger proprement dans le train, je nous ai fait perdre assez de temps avec ma distraction.
Arrivés à Nara, nous prenons le bus vers le temple Todai-Ji. Une fois de plus, il y a des pousse-pousse.



On est surpris par les centaines de daims qui vivent en liberté dans la ville et qui viennent manger dans la main.






Il y a à nouveau un monde fou. L’entrée du temple est payante. N’allez pas nous considérer comme radins, mais avons déjà vu pas mal de temples, il fait chaud et il y a vraiment énormément de monde. On préfère marcher autour.



On décide de se diriger vers un endroit plus calme, vers Yoshiki, un jardin. On y croise un camion « Coop ». Ici aussi ils ont des coopératives !

En plus, si on présente un passeport étranger, on entre gratuitement (bon, on vous a déjà dit qu’on n’est pas radins). Et là c’est le charme bucolique d’un jardin japonais avec des pavillons traditionnels. Un régal. On y passe au moins deux heures. Des jardiniers sont en train de travailler.
















Il est déjà près de 17h, toutes les visites se terminent. Nous retournons à la ville à pied jusqu’à la première gare dans laquelle il y a une galerie marchande.

C’est là, que j’essaie mon premier café glacé. Finalement, pas mauvais du tout.
Le dernier kilomètre, on le fait en bus. Nos Pasmo card sont épuisées. Mais, dans les bus, un ingénieux système fait le change. On y passe un billet de 1000¥ ou de 5000¥. La machine effectue le change en billets et en pièces, tout ce qu’il faut pour qu’on puisse s’acquitter du compte juste ! Après on jette la monnaie dans un entonnoir. La technologie au profit d’un moyen de paiement en perte de vitesse dans les pays industrialisés : le cash !
Après une demi-heure d’attente, nous reprenons le rapide pour Kyoto. On en profite pour écrire des cartes postales. Je complète aussi mes notes. C’est important de prendre les notes au jour le jour, on oublie vite les détails. J’y consacre environ une heure par jour.
A Kyoto Station, qui est toujours une vraie ville dans la ville, on se dirige vers le magasin Avanti pour acheter du saké de la marque Dassai, sur les conseils de Tachuelita.

Le problème, c’est qu’on a le choix. Et quand on ne connaît pas, le choix c’est bloquant, surtout quand les prix varient du simple à plus du double ! Et comme Belges, nous n’avons qu’un palais royal ; pour goûter la différence entre ces qualités de saké il faut sans doute avoir un palais impérial…
Trève de plaisanteries, les jeux de mots, ce n’est pas le genre de la maison. On cherche à se renseigner. Bientôt quatre vendeurs nous entourent et ils expliquent l’un à l’autre ce que veulent dire les indications mentionnées sur les différentes bouteilles. On ne comprend pas ce qu’ils disent, mais on comprend qu’ils ne comprennent pas tous la même chose ! En interrogeant Google Translate, je découvre qu’il y a une notion de polissage. Je remercie mes « conseillers » et j’achète une bouteille de 50 cl, ainsi je sauve la face, je ne fais pas de mon Jan (comme on dit à Bruxelles) ; mais je vais quand même consulter internet.
Le taux de polissage du riz
Le saké est une boisson japonaise, qu’on se le dise ! Le terme japonais seimaibuai désigne le taux de polissage du riz employé dans la production du saké. Cette étape, la première dans le processus de production, consiste à retirer la couche externe du grain riche en graisses et protéines pour faciliter la fermentation. Un saké affichant par exemple un seimaibuai de 40% signifie que le riz a perdu 60% de son poids au terme de l’étape de polissage. Un saké affichant 30% sera donc logiquement plus cher qu’un saké affichant un taux de 50% puisqu’il y a plus de perte dans le grain de riz. Le saké est produit comme la bière par fermentation répétée, titrant de 14 à 17°. Pour comparer, le Porto titre 19°.
Nous rentrons à l’appart pour déposer nos affaires et nous rafraîchir. Je goûte le saké, histoire de pouvoir étayer mes écrits. Vrai qu’il est bon. J’ai eu l’occasion de goûter différents saké. Le Dassai me convient. Je vais en acheter pour rentrer en Belgique.
Il est bientôt 20h30 et il faut aller manger si on ne veut pas louper le « last order ». On retourne vers la gare et on trouve un petit resto comme il y en a tant.
Pour revenir à l’appart, on se mélange à nouveau les pinceaux car on se retrouve complètement de l’autre côté de la gare, en face de la Kyoto Tower. En retrouvant notre chemin, nous passons devant la boulangerie dans laquelle nous étions allés avec Tachuelita le premier jour. Et dire qu’on la tant cherchée par la suite. Dommage. Je lis un regret dans les yeux de Khadija. On a déjà acheté notre pain et la boulangerie ne nous sera plus nécessaire avant notre départ de Kyoto.
On rentre gentiment nous coucher. De jour en jour, on sent une bonne fatigue nous envahir. On se couche à 22h.