Jour 10 : SHIMODA


lundi 29 mai

Lever 7h30. Si on considère qu’il faut des journées de repos dans un périple, celui-ci doit en être un. Peut-être même le seul… Ça commence mal. On descend prendre le petit déjeuner puisqu’à 9h, c’est fini tout doit être replié.

On remonte dans notre chambre, à l’aise. Je contrôle le chemin jusqu’à Kyoto pour savoir à quelle heure il faudra prendre la navette le lendemain. Nous décidons d’aller au centre de Shimoda non sans être passés à la poste qui est un des rares services que l’on peut trouver à côté de l’hôtel.

Il fait très beau aujourd’hui. Mais voilà que la navette de l’hôtel s’apprête à partir pour Shimoda. Nous n’avons pas réservé mais il y a suffisamment de place. On ira à la poste à Shimoda. On en profite pour prendre quelques photos devant l’hôtel.

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Une des rares piscines que nous avons vues. Vide.

Arrivés à la gare, on va se renseigner pour les billets pour aller à Kyoto. Le préposé essaie dans son anglais de nous aider. Très aimable, il nous dit que la réservation n’est pas nécessaire pour le train de 10h32 ; par contre il nous demande nos passeports car il y a une réduction pour les touristes étrangers sur la partie privée de la ligne Shimoda-Ito, après quoi notre JR Pass prend le relais.

Ensuite, nous demandons à l’information touristique où se trouve le bureau de poste. Après avoir reçu les informations, je me rends compte que Google Maps nous donne toutes les indications. Je ne regrette toujours pas d’avoir investi dans ma carte 4G.

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En route pour la poste. Ces petites rues et les câbles électriques aériens nous font penser à certaines rues de Québec

A la poste, un agent nous salue (en s’inclinant). Nous lui faisons comprendre que nous avons besoin de timbres. On énonce tous les pays pour lesquels on veut des timbres. Pour chaque pays, le tarif énoncé est le même : 70¥. Les Japonais ont beaucoup de patience, jamais un signe d’énervement. J’aurais même pu lui énoncer tous les pays du monde, je me serais énervé avant lui. Chapeau !

En route maintenant (à pied) pour la Perry Road du nom de l’Américain Matthew Perry qui a signé avec les Japonais le traité de Kanagawa, ce que j’ignorais quand j’ai construit l’itinéraire, notre but étant d’être dans une station balnéaire. Sur le chemin, des drapeaux américains et japonais se saluent. Je me serais attendu à voir beaucoup plus de drapeaux japonais sachant que les Japonais sont très patriotes. Eh bien, non, contrairement au Canada, aux Etats-Unis, au Maroc ou en Turquie (mais pour ces deux derniers peut-être pour d’autres raisons…) le drapeau japonais s’affiche comme le drapeau belge en Belgique : très modérement.

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Le traité de Kanagawa

Le traité de Kanagawa est un traité signé le 31 mars 1854, entre les représentants du shogunat des Tokugawa et le commodore Matthew Perry représentant le président américain Millard Fillmore. Il est parmi les traités inégaux, traités imposés par les puissances coloniales occidentales aux pays d’Extrême-Orient qu’ils colonisèrent dans la seconde moitié du XIXe siècle, le premier de ceux imposés au Japon. Il s’ensuivra le passage de l’ère Edo à l’ère Meiji, qui amorcera une volonté colonialiste du Japon puis, son imposition de traités inégaux à d’autres pays de la région sur le modèle occidental. Cette convention donna aux Occidentaux l’autorisation d’entrer dans les ports japonais de Shimoda et de Hakodate. Cette convention, obtenue dans la crainte de représailles américaines, via la menace constituée par la flotte de Navires noirs, a ouvert la voie à la signature du traité d’amitié et de commerce États-Unis-Japon de 18584, qui a défini les termes de l’ouverture du Japon au commerce mondial.

Petite rue typique qui longe un ruisseau, bordée de maisons japonaises comme il doit y en avoir beaucoup dans des villes de province. Bien qu’elles soient différentes, leur taille et quelquefois leur coquetterie me font penser à la Hollande. Je ne sais pas si cette ville a connu des bombardements pendant la seconde guerre mondiale mais dans tous les cas, ces petites rues ne sont pas adaptées à l’automobile. Le soleil donne, c’est calme, serein, charmant.

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Un salon transformé en garage

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Pour ceux qui en douteraient encore, on est au Japon !

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On aboutit à un temple auquel un cimetière est attenant. Un vieux monsieur vient chercher un seau à l’endroit où les bouddhistes viennent se purifier. Il entretient la tombe de son épouse, probablement. Le calme de ce temple tranche avec l’effervescence du Senjo-Ki à Tokyo. Des fleurs embaument encore en cette saison.

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On ne voit pas souvent des grands chiens. Les petits quant à eux sont bichonnés

Nous nous trouvons un charmant restaurant dont le propriétaire est en chemise hawaïenne. Bien que japonais, il y a vécu. On dirait que le temps s’est arrêté dans cette petite cour au fond d’un couloir. Nous prenons un apéro. Moi une Asahi et Khadija un jus de yuzu. Ensuite nous commandons un plat exotique. Des pâtes !

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Nous tombons sous le charme des WC. Je crois que le Japon doit être le seul pays au monde où les WC méritent le détour à eux seuls. Design ultra moderne avec toutes les commandes intégrées dans le mur. Même la distribution du papier est ingénieuse, tellement ingénieuse que je ne le trouve pas tout de suite. Il est dans une boîte dont on soulève le couvercle. Le fait de soulever le couvercle provoque une aspiration qui crée une dépression permettant au papier de sortir tout seul.

A part un couple parti avant qu’on ne soit servis, nous sommes seuls dans la petite cour de vingt mètres carrés tout au plus. Un repas de midi tout bucolique, en amoureux.

Après notre repas, nous allons vers l’autre bout de la Perry Road. Toutes ces petites maisons sont décidément charmantes.

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Pendant que je fais l’une ou l’autre photo, Khadija a pénétré dans une petite cour d’où elle m’appelle. « Viens voir, on danse » me dit-elle. Dans la maison, une pièce complètement ouverte avec un tatami qui recouvre tout le sol. Trois jeunes femmes habillées en robes traditionnelles sont en train de pousser des pas de danse sous la direction d’un professeur, lui aussi habillé traditionnellement. L’accès de la maison est libre, c’est indiqué sur un écriteau en japonais et en anglais. Nous nous approchons évidemment pour mieux voir et je demande discrètement si je peux prendre des clichés. Accordé ! J’évite d’utiliser le flash pour ne pas déranger.

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[youtube https://www.youtube.com/watch?v=iMaY2GEyBMY]
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La maison dans laquelle nous sommes est une maison ayant appartenu à Sawamura, notable de Shimoda. En 2012, cette maison a été cédée par les descendants à la ville de Shimoda. La maison est devenue une sorte de centre culturel.

Nous nous déchaussons. Mais pour pénétrer dans la deuxième partie du bâtiment, il faut passer par l’extérieur. Il faut rechausser des slaches pour parcourir les 2,50 mètres qui nous séparent de l’annexe dans laquelle se tient une petite exposition. Au retour, je me trompe, je rechausse mes slaches dans l’annexe et oublie évidemment de les enlever quand je rentre dans le corps de logis principal, là où les jeunes femmes dansent. Heureusement que Khadija me fait des signes, je répare rapidement mon égarement.

Entretemps, une des danseuses, celle qui m’a donné l’autorisation de photographier, a pris un instrument à corde et joue en chantant la mélodie sur laquelle les deux autres jeunes femmes dansent. J’en prends une vidéo avec mon smartphone. Quel ravissement d’être passés à ce moment dans Perry Road.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=hHahyc4S1eY]

Etant à Shimoda pour profiter un peu de la plage, nous retournons vers la gare pour prendre le bus qui nous ramène à l’hôtel. Nous sommes en dehors des heures de la navette. Le conducteur de bus nous indique l’arrêt où l’on doit descendre. On paie en changeant un billet de 1000¥ dans la machine. Personnellement, je trouve ça vraiment une curiosité.

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Il y a aussi un grand aquarium à Shimoda. Cette tortue joue la rabatteuse à la gare. Drôle de vie.

Le temps de nous changer on descend pour nous promener et patauger dans l’eau. Elle est toujours aussi froide que la veille, trop froide pour s’y baigner bien qu’il y ait des surfers sur la grande plage voisine. Shogo nous avait bien dit qu’il venait à Shimoda pour surfer. J’en profite pour lire.

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Ce soir, nous retournons au restaurant de l’hôtel. Nous n’avons pas été déçus la veille et de toute façon, il n’y a pas des tonnes de choix. Notre serveur de la veille qui est, décidément, très sympathique et causant nous aide à comprendre ce qu’il y a, exactement, dans les menus. De fil en aiguille, on apprend qu’il est déjà allé en Belgique à l’occasion d’un tour d’Europe. Un seul jour, mais nous aussi nous sommes allés un seul jour… aux Etats-Unis et moi, il y a longtemps, je suis allé aussi un seul jour à Goma au Congo. Il est aussi allé en Amérique du Sud et en Océanie. En tout, il est allé dans trente pays différents. Bon. Revenons sur terre…

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De l’entrée au dessert, tous les bols y sont !

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Voilà, notre journée de repos a été calme et très intéressante. Extinction des feux et repos avant une nouvelle journée de transhumance à 250 km/h : demain Kyoto.


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