Dimanche 28 mai

Nous nous levons de bonne heure. D’abord parce que le petit déjeuner est de plus en plus tôt, cette fois entre 7h et 9h, pas de répit même un dimanche, mais aussi parce qu’on a vu la veille débarquer des hordes de cars et nous prévoyons la razzia sur le buffet.
Pour la razzia, on avait tort. Il ne faut pas oublier qu’on est au Japon. Et même si on est dans un deux étoiles, les services contractuels sont tous effectués de la même façon, c’est-à-dire parfaitement. Quant aux hordes de cars, ils étaient déjà partis. Il faut qu’il y ait quand même des avantages à organiser son voyage soi-même !
Le petit déjeuner est plutôt quelconque. Dans le style, on préférait Tokyo.
Nous faisons encore une petite promenade le long du lac. On désire encore fait des menus achats et notamment des cartes postales. En ce qui concerne les cartes postales, on a déjà constaté qu’à chaque endroit où l’on va, il n’y a pas d’autre choix que la thématique locale. Ici évidemment, c’est le Mont Fuji. En même temps, la gestion est plus compliquée si on ne veut pas envoyer la même carte à tout le monde.

Nous revenons à l’hôtel pour prendre la navette. Je me fais accoster par un monsieur qui gentiment nous demande, en anglais, de quel pays on vient.
Les navettes des hôtels ont des horaires précis. Dans notre hôtel de Fujikawaguchiko, elle roule de 7h à 11h et de 15h à 18h. A 10h30 pétantes, une Nissan nous emmène à la gare, hormis le conducteur, nous somme deux à bord, les autres pensionnaires étant déjà certainement partis !
Ce matin, le temps est plutôt brumeux, voire gris et le Mont Fuji ne s’est pas montré. On a eu une chance incroyable de le voir comme on l’a vu la veille sous toutes ses coutures nord-est.
A la gare, le bus qui nous reconduit à Shinjuku est (évidemment) à l’heure. Le bus s’arrête quelques kilomètres plus loin à Fujikyu Highlands. Je ne peux m’empêcher de prendre les photos qui me rappellent quelque chose…


Nous arrivons à Shinjuku à l’heure aussi et nous en profitons pour acheter à manger. Cette fois, nous achetons à emporter. Je choisis dans une échoppe de la gare un plat de riz avec de la viande en sauce. Je dois avouer que j’ai fait énormément de progrès dans ma relation au riz que je ne savais pas avaler lorsque j’étais enfant. Khadija, plus difficile, (elle ne me contredira pas) ne parvient pas à trouver son bonheur. Elle se décide pour un paquet de chips ! Ayant lu quelque part qu’on ne mange pas dans la rue au Japon, je ne sais pas comment me sustenter, d’autant que le vendeur m’a proposé une cuiller que, dans ma candeur, je n’ai pas acceptée. Je sais manger avec des baguettes, mais debout en tenant mon bol d’une main et le sac à dos pendu à mon épaule, je n’ai jamais essayé. Et je ne voudrais pas salir la gare… Mon repas reste donc dans le sac plastique.
Nous prenons la Yamanote Line pour nous rendre à Shinagawa, la gare où arrivent les Shinkansen. Au passage, je salue l’application « Hypermedia » qui permet d’avoir en détail toutes les correspondances des trains et métros au Japon. L’appli nous dit qu’il faut prendre la Yamanote Line jusqu’à la station Osaki. Et à Osaki, il faut prendre la Yamanote Line jusqu’à la station Shinagawa. Mais la Yamanote est une ligne circulaire ! En fait, Osaki est un terminus virtuel, on reste dans le train. Seul le conducteur a laissé sa place à un autre. Comme on est à l’avant du train, on constate que les conducteurs conduisent la rame en gants blancs et continuent à porter leur képi. Un des deux conducteurs a un masque sur le nez, bien qu’il soit isolé dans sa cabine.

Nous descendons du train à Shinagawa où Khadija trouve finalement à manger dans un établissement de la gare. Nous avons encore un peu de temps avant de prendre le Shinkansen qui doit nous mener à la gare d’Atami située à 100 km en une demi-heure, soit à une moyenne de 200 km/h. Comme je ne peux pas consommer mon repas dans l’établissement, je prends des tartines pour accompagner Khadija qui a pris une salade. Mon repas est toujours dans son sac en plastique, nos valises sont rangées dans un coin.
Nous allons sur le quai du Shinkansen. Je suis épaté de voir le nombre de trains à grande vitesse. Il y a en a un toutes les 2 minutes ! Ma valise est plus grande que celle de Khadija et je suis obligé de la laisser dans le couloir à côté de la porte de sortie. Celle de Khadija peut être placée dans les grands rangements prévus au-dessus des sièges. Le Shinkansen est un train très spacieux. Pendant le trajet, comme j’ai l’application Waze sur mon smartphone, je m’amuse à contrôler la vitesse réelle : 240 km/h. Entre Shinagawa et Atami, trois arrêts quand même. Cela nous laisse le temps de lire, nous avons amené chacun notre liseuse.
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Arrivée du Shinkansen en gare de Shinagawa
Arrivés à Atami, nous devons prendre le train pour Shimoda qui est sur une ligne privée et donc payante puisqu’elle n’est pas comprise dans notre JR Pass.
Ce qu’on ignore, c’est que le train qui va à Shimoda passe par Ito. Le tronçon Atami-Ito appartient à JR, nous ne devons donc rien débourser. Après Ito, c’est payant bien que physiquement nous n’avons ni changé de train, ni changé de siège. Ainsi est le Japon, les lignes de l’Etat fonctionnent aussi bien que les lignes privées et inversément.
Je me promène toujours avec mon repas du midi dans son sac en plastique que j’essaie quand même de manger (pour rappel il était chaud). Dans le wagon, nous sommes les deux seuls occupants entre Atami et Shimoda. Mais impossible d’ouvrir ce truc sans risquer de m’en mettre plein le t-shirt. Je renonce, j’attendrai d’être à l’hôtel pour le goûter.
Arrivés à Shimoda, nous payons donc notre tronçon Ito-Shimoda puisque l’on paie toujours en sortant si on n’a pas de carte ou en faisant l’appoint si le solde de la carte est insuffisant. Ce système évite d’avoir des contrôles dans les trains. Et les éventuels resquilleurs se font chopper au contrôle de sortie.
Ça y est, on est sortis du train, on a paysé et on rassemble nos affaires. Et là, je me rends compte que j’ai oublié mon repas dans son sac plastique dans le train. Fin tragique et définitive de cette histoire.
Nous prenons un taxi pour l’hôtel qui est situé à 5 km de la gare et du centre de Shimoda, car même s’il y a des navettes, on ne sait pas jusqu’à quelle heure on peut en disposer. On a bien fait car les navettes étaient disponibles jusqu’à 16h et il est 16h20 !
Le Shimoda Prince, un hôtel 3 étoiles, est situé en bord de mer et quand je dis en bord de mer, cela veut dire qu’il n’y a que la plage qui le sépare de l’océan. D’ailleurs l’hôtel a son propre accès sur la plage.

Accueillis par un charmant jeune homme qui est bilingue japonais / japonais, nous parvenons néanmoins à tout comprendre. Nous nous installons dans notre chambre prévue pour quatre personnes, soit un mini appartement avec vue sur l’océan pacifique. Deux divans-lits et deux lits… séparés. Ben quoi, nous fêtons nos 25 ans de mariage, nous avons le droit aussi à un peu de vacances !


On descend sur la plage pour tremper nos pieds dans l’eau. La plage est superbe, rien que du sable fin. Elle me fait penser aux plages belges. L’eau est un peu froide pour se baigner mais agréable pour marcher ; il y a beaucoup de rochers.

Après cette promenade apéritive, il est temps d’aller prendre le dîner. Nous devions choisir une plage entre 18h et 19h30. On a bien évidemment choisi celle de 19h30. On mange décidément tôt au Japon. Nous n’avons pas beaucoup d’autres solutions que de manger à l’hôtel car il n’y a pas de restaurants dans les environs.

Le repas est très bien. Khadija a pris un steak, moi une tempura avec des sashimis. Quand on commande un plat, on reçoit toujours tout en une fois. Le hors d’œuvre, le muso (soupe), le plat principal, le dessert et même la note, tout arrive en même temps si bien que, quand on n’a pas l’habitude, on ne sait jamais où est le début et où est la fin. Par contre, tout le monde n’est pas servi en même temps.
Notre serveur qui est le seul à parler l’anglais (avec même un ou deux mots de français) me demande pourquoi je n’ai pas mangé mon dessert. Je suis étonné de la question car je m’étais étonné aussi de ne pas avoir reçu de dessert alors qu’il était mentionné dans le menu. Et de me montrer deux quartiers de citron. Je lui réponds que je ne mets pas de citron sur les sashimis. Ce à quoi il me répond que j’ai parfaitement raison car le citron dénature le goût du poisson. Mais ce ne sont pas des citrons, c’est le dessert.
Ce sont des yuzus, des sortes d’oranges jaunes. Elles ont l’aspect du citron mais leur goût est à mi-chemin entre le pamplemousse et l’orange. Très bon et très rafraîchissant. Quand je pense que j’ai failli louper mon dessert. Et heureusement aussi que je ne mets pas de citron sur les sashimis !
Le Yuzu
Le yuzu est un agrume japonais, le Japon est le principal producteur et consommateur de yuzu, on y trouve des centaines de produits dérivés ; le fruit est fêté à la fin de l’année. Il serait un hybride de mandarine sauvage et de Citrus ichangensis (citron d’Ichang). Le fruit est récolté soit comme agrume de jours longs (printemps-été) : en vert pour son zeste et sa saveur, soit à maturité jaune (automne-hiver), comme agrume de jours courts, pour son zeste et son jus. Le fruit du yuzu a un épicarpe irrégulier, son diamètre varie entre 5 et 8 cm, le poids du fruit mûr est environ 110 g. Le fruit est modérément juteux, peu dense à maturité, il a peu de pulpe et beaucoup de gros pépins. Le goût du jus est fruité et le parfum de son huile essentielle typé.

Cette image provient du site Sakura House.
Nous avons aussi commandé une bouteille de vin. Comme nous pensons revenir le lendemain soir, nous demandons si on peut nous le garder ; demande probablement inhabituelle car s’ils sont habitués à ce que les clients emmènent leur bouteilles dans leurs chambres, ils semblent moins habitués à faire du « bottle-sitting ».
Après la promenade apéritive, nous faisons une promenade digestive. Il est 21h et il fait nuit déjà depuis une heure. Nous montons dans notre chambre à 21h35. Nous allons avoir une nuit rythmée par le bruit des vagues que nous percevons à travers la fenêtre.
On pourrait croire que les jours de transfert d’un lieu à un autre sont des jours sans intérêt et sans souvenirs, que c’est une perte de temps dont il faut tenir compte quand on visite un pays, surtout si les distances entre les villes sont importantes. Alors que j’aurais cru de prime abord ne rien avoir à écrire sur cette journée, tous ces détails que j’ai consignés ce jour dans mon carnet de voyage m’ont étonné moi-même.
Une réponse à “Jour 9 : EN ROUTE POUR SHIMODA”
Trop bien l’histoire de ton petit pique-nique! Pauvre Manu! L’hôtel est un endroit qui semble bien paradisiaque, un joli souvenir, j’en suis sûre!