Jour 8 : LE MONT FUJI


samedi 27 mai

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A 4h30 (du matin), Khadija me réveille. Elle a déjà coulissé le mur de papier et observe depuis un certain temps le jour qui commence à poindre. Jamais quelques heures plus tôt nous n’aurions imaginé que le ciel serait aussi dégagé.

Le mont Fuji a entamé son striptease. On ne voit que le haut. Son col d’ordinaire tout blanc est orangé par les effets de la lumière de l’aurore.

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Les minutes passent, le Mont Fuji joue avec ses voiles nuageux. Ils laissent entrevoir le seigneur comme suspendu au milieu du ciel, pour mieux le couvrir quelques instants après.

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Un peu plus tard, lorsqu’on croit que les voiles vont disparaître, ils reviennent en force par le bas en nous faisant languir un peu plus.

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La lumière change, le soleil est de la partie et ses rayons transpercent peu à peu le léger manteau.

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Le voilà maintenant qu’il ose montrer ses formes, la tension devient palpable et les cœurs battent.

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Enfin, lorsque le soleil  ne tamise plus sa lumière, après avoir chassé un dernier nuage au mouvement sirupeux…

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… le Mont Fuji abandonne tous ses mystères, le voici dans sa nudité intégrale. Quel enchantement ! Sa solitude le rend encore plus majestueux.

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Dans une des chambres de la maison de Shogo, il y a quatre yeux qui n’ont rien perdu du spectacle.

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A 9 heures, nous descendons déjeuner. Nos yeux sont encore émerveillés mais ils piquent un peu du manque de sommeil. Le petit déjeuner est simple, on se sert soi-même contrairement au repas de la veille, le café et le thé sont lyophilisés, les fruits et le lait frais disponibles moyennant un supplément de 100¥ (80 centimes). Nous sommes un peu surpris par la confiture, industrielle, présentée en portions individuelles dans un petit tube. Lorsqu’on appuie sur le tube, la confiture s’écoule sur le pain en se mélangeant à une sorte de beurre liquide qu’il faut étaler.

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Il y a une carte du monde dans la pièce, sur laquelle l’Asie est au centre, l’Europe à gauche et l’Amérique à droite. Les visiteurs de Shogo y ont collé des pastilles de leur pays d’origine. Il y en a déjà pour la Belgique. Comme elle est plutôt collée au nord, je colle la mienne au sud de notre petit pays. Seule l’Afrique continentale n’a encore envoyé personne chez Shogo. Plus maintenant, Khadija a collé une pastille sur Casablanca.

Nous parlons encore avec Shogo. Un désistement a eu lieu pour la nuit prochaine mais nous ne pouvons plus annuler notre nuit d’hôtel. Tant pis.

Nous remontons dans notre chambre pour préparer nos affaires et nous trouvons un Mont-Fuji qui s’amuse encore et toujours avec ses nuages. Cette fois, il veut nous faire croire qu’il est en éruption !  Il est vraiment d’humeur badine.

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Avant de partir pour la gare avec Shogo, nous avons encore le temps de faire la promenade vers le lac et admirer le point de vue. Tout à l’heure, on sera de l’autre côté.

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Une promenade vers le lac plus tard, nous revoilà revenus chez Shogo. D’autres hôtes sont avec nous. Il s’agit d’un jeune couple en lune de miel qui vient de Hong Kong et avec qui nous sympathisons quelques instants. Le temps d’ailleurs de prendre une photo tous ensemble avec Shogo. Finalement, on dit que les Japonais photographient tout, partout et tout le temps ; sauf au Japon !

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Shogo est à droite

A la gare, nous nous renseignons pour échanger nos billets de bus pour Shinjuku pour Mishima. Cela paraît difficile, voire mission impossible ne connaissant pas la langue. Tant pis, nous allons faire comme il était prévu.

Nous appelons l’hôtel, le Route Inn, à l’aide de Voipcheap. C’est un deux étoiles que j’ai dégotté sur Booking. Ils sont une navette et on désire comment la prendre avec nos bagages. Khadija essaie de converser en anglais avec l’employée. Difficile, elle ne parle que sommairement l’anglais. Il est 11h et la navette ne vient pas avant 15h. Nous prenons un taxi qui nous coûte un raisonnable 900 yens et nous déposons les bagages à l’hôtel qui se trouve au bord du lac avec vue sur le Fuji.

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Vue depuis l’hôtel
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La même vue avec le téléobjectif

On entre dans le restaurant à côté de l’hôtel, des gens sont déjà en train de manger. On commande un houtou, une spécialité de la préfecture de Yamanashi dans laquelle nous nous trouvons. Nous ignorons en fait ce que nous allons déguster. Il s’agit de nouilles accompagnées de 10 légumes servis dans une soupe miso. A nouveau très bon.

Une fois notre affaire faite, nous nous dirigeons vers le téléphérique qui nous emmène à un panorama sur la ville de Fujikawaguchiko ainsi que sur le parc de montagnes russes et, évidemment, sur le Mont Fuji.

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On pourrait croire que le calme règne dans le téléphérique afin de nous laisser toute l’attention à notre sens de la vue pour admirer le paysage. Que nenni !  Tout au long de la montée, comme de la descente, il y a un commentaire avec de la musique bruyante, en japonais bien sûr.

 

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Seul le Mont Fuji nous sépare !
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En bas à gauche, on aperçoit Fujikyu Highlands

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Nous nous faisons interpeller par une charmante dame (une fois de plus) qui mène des enquêtes touristiques pour le compte de la préfecture. Comment a-t-elle deviné que nous étions des touristes ? C’est entre autres dans cette enquête que nous apprenons que le plat que nous avons dégusté le midi est une spécialité locale.

Comme nous avons acheté un billet couplé téléphérique / croisière sur le lac, nous nous rendons à l’embarcadère. Le tour est rapide mais ça nous laisse l’occasion de voir le Mont Fuji depuis le lac, encore une vue intéressante. Dans le bateau, un couple de Japonais ont emmené leurs deux petits chiens dans une cage. Les Japonais semblent très « little pets ».

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Les deux gardiens du téléphérique

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Vue du bateau.

Après une petite collation, nous retournons vers l’hôtel où nous devons réceptionner notre chambre.

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Malheureusement, il s’agit de ma réservation « sauvetage » et plus aucune chambre non fumeur n’est disponible. Ça ne sent pas très bon et la fenêtre de la chambre donne sur le flanc de la colline. On est loin de la vue de chez Shogo. Mais nous ferons avec. Le lever à 4h30 nous a fatigués et nous nous reposons jusqu’à 18h30.

Juste avant le repas, j’en profite pour prendre quelques photos du Mont Fuji au coucher du soleil. Je sais que lorsque nous aurons fini de dîner il fera nuit. Comme la journée a été belle, ce serait dommage de rater ça, déjà qu’on a raté l’occasion d’avoir le même point de vue que le matin chez Shogo.

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L’heure du coucher de soleil

Les heures du lever et du coucher de soleil dépendent évidemment des saisons, mais aussi de la latitude. Aux équinoxes, la durée du jour est égale à la durée de la nuit sur tout le globe. Pour faire simple, on peut dire que le soleil se lève à 6h et se couche à 18h. Ceci reste vrai aussi toute l’année pour les zones situées à l’équateur.

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Par contre, en été, la durée d’ensoleillement est plus importante dans l’hémisphère nord que dans l’hémisphère sud où c’est l’hiver. Si les heures du lever et du coucher de soleil varient en fonction des saisons, elles varient aussi en fonction des latitudes. C’est ainsi que plus on se rapproche de l’équateur, plus le soleil se lève tard et se couche tôt. En hiver (à partir de l’équinoxe), c’est le contraire.

C’est ainsi que le 27 mai, le soleil s’est couché à 20h48 en Belgique et à 19h52 à Fujikawaguchiko.

La longitude n’intervient pas dans la durée d’ensoleillement. Et même si le soleil lève plus tôt et se couche plus tôt à Bruxelles qu’à Brest, c’est parce que l’heure solaire est différente bien que ces deux villes aient la même heure officielle.

 

Le dîner à l’hôtel est de 18h à 20h30. Disons que le repas est quelconque. On a été habitués à mieux ; c’est vrai aussi qu’on est dans un deux étoiles.

Une mention spéciale quand même pour le crabe ; on peut même dire « crabe géant » qui après coup ne nous avait pas l’air destiné. C’était seulement pour les « guests only ». d’ailleurs il n’était pas présenté avec le buffet, mais dans une petite alcôve. A notre décharge, nous n’avions pas la définition exacte du mot « guests », nous nous sommes donc servis. C’est en mangeant notre crustacé que nous avons remarqué que ceux à qui il était destiné avaient un panier spécial et une paire de ciseaux. Nous, nous n’avions que nos baguettes. On peut vous dire que notre crabe, on ne l’a pas avalé de travers !

Fatigués, nous nous couchons à 20h30. La journée de demain est une journée de transhumance vers Shimoda, une station balnéaire sur la côte pacifique dans la péninsule d’Izu.


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